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Descendre : maîtriser le passé composé du verbe

Victor — 08/06/2026 16:40 — 6 min de lecture

Descendre : maîtriser le passé composé du verbe

On sort du cours de français, le cerveau encore emmêlé par les auxiliaires du passé composé, et le mot descendre tourne en boucle. Pourquoi parfois on l’emploie avec être, parfois avec avoir ? Une hésitation, un doute, et hop – la faute s’invite. Pourtant, une fois les règles bien digérées, tout s’éclaire. Ce n’est pas de la grammaire obscure, c’est une logique qui colle à nos gestes du quotidien.

L’auxiliaire : le dilemme entre être et avoir

Le grand piège du verbe descendre au passé composé ? Il peut s’accompagner de deux auxiliaires différents : être ou avoir. Le choix n’est pas aléatoire. Il dépend du sens. Quand le verbe exprime un mouvement de la personne elle-même, on utilise être. Par exemple : « Nous sommes descendus de voiture » ou « Elle est descendue à la cave ». Ici, l’action concerne le sujet qui change de place.

En revanche, si descendre porte sur un objet – c’est-à-dire qu’il y a un complément d’objet direct – alors l’auxiliaire est avoir. On dit ainsi : « J’ai descendu les valises » ou « Tu as descendu la poubelle ». Le sujet agit sur quelque chose. L’objet est « descendu » par quelqu’un.

La frontière est parfois subtile. Imaginons : « Il est descendu l’escalier ». Faux ! Même si on parle de déplacement, « l’escalier » est un complément d’objet direct (on peut le remplacer par « le » : « Il l’a descendu »). Donc, c’est « Il a descendu l’escalier ». Attention aussi à ne pas se laisser tromper par des tournures familières encore utilisées dans certains régions. Certains outils linguistiques en ligne permettent de vérifier la concordance entre auxiliaires, comme on peut le voir sur vitry-aux-loges.com.

Le choix selon le sens de la phrase

La clé réside dans la question : est-ce que le sujet se déplace, ou est-ce qu’il fait descendre quelque chose ? S’il s’agit d’un mouvement personnel – monter, descendre, sortir, venir, aller – on privilégie être. Mais si le verbe est suivi d’un nom ou d’un pronom objet – « la boîte », « les enfants », « le sac » – c’est avoir qui s’impose. Pas de quoi fouetter un chat, à condition de poser la bonne question.

L’accord du participe passé avec l’être

Quand être est l’auxiliaire, le participe passé descendu s’accorde en genre et en nombre avec le sujet. C’est une règle classique des verbes pronominaux et des verbes de mouvement. Ainsi, on écrit « elle est descendue », « ils sont descendus », « elles sont descendues ». L’accord suit la logique de la concordance grammaticale. En revanche, avec avoir, l’accord n’intervient que si le complément d’objet direct est placé avant le verbe – cas plus rare, mais à ne pas négliger.

Les formes de conjugaison à retenir

La liste avec l’auxiliaire être

Lorsque descendre indique un mouvement du sujet, voici les formes au passé composé avec être :

  • Je suis descendu(e)
  • Tu es descendu(e)
  • Il/Elle/On est descendu(e)
  • Nous sommes descendu(e)s
  • Vous êtes descendu(e)(s)
  • Ils/Elles sont descendu(e)s

La liste avec l’auxiliaire avoir

Quand descendre est suivi d’un objet, on utilise avoir. Le participe passé reste généralement invariable sauf si le COD est placé avant :

  • J’ai descendu
  • Tu as descendu
  • Il/Elle/On a descendu
  • Nous avons descendu
  • Vous avez descendu
  • Ils/Elles ont descendu

Le participe passé invariant ou accordé

Avec avoir, le participe passé descendu ne s’accorde pas avec le sujet. Il ne s’accorde qu’avec le complément d’objet direct si ce dernier est placé avant le verbe. Par exemple : « Les valises que j’ai descendues étaient lourdes ». Ici, « que » représente « les valises », placé avant, donc accord au féminin pluriel : descendues. Dans la majorité des cas, l’absence de COD avant implique un participe invariable.

Synthèse des usages selon le contexte grammatical

Usage intransitif : le mouvement

Quand descendre est intransitif, c’est-à-dire qu’il ne porte pas sur un objet mais décrit une action autonome, il exprime un déplacement. « Il est descendu du bus », « Nous sommes descendus au sous-sol ». Ce verbe entre alors dans la catégorie des verbes du mouvement, régis par être. L’accord suit donc le sujet.

Usage transitif : l’action sur un objet

Dès qu’un objet suit le verbe – « les marches », « le carton », « les courses » – on bascule en transitif. On ne parle plus du déplacement du sujet, mais de l’action exercée sur l’objet. « Il a descendu le piano » : c’est le piano qui descend, pas lui. C’est ce détail qui change tout.

Type d’usage Auxiliaire employé Exemple concret Règle d’accord simplifiée
Intransitif (mouvement du sujet) être Elle est descendue chercher le courrier. Accord avec le sujet : descendue.
Transitif (action sur un objet) avoir Il a descendu les ordures. Pas d’accord avec le sujet. Accord avec le COD s’il est avant : « les ordures qu’il a descendues ».

Questions fréquentes sur le sujet

J’ai entendu dire qu’on pouvait dire ‘j’ai descendu la poubelle’, c’est correct ?

Oui, tout à fait. Ici, « la poubelle » est un complément d’objet direct : c’est elle qui est descendue, pas la personne. On est donc dans un usage transitif du verbe, qui exige l’auxiliaire avoir. Cette construction est parfaitement correcte et courante.

Pourquoi dit-on ‘elle est descendue’ mais ‘elle a descendu l’escalier’ ?

La différence tient au complément. Dans « elle est descendue », il s’agit d’un mouvement personnel. Mais « l’escalier » dans « elle a descendu l’escalier » est un objet. On peut d’ailleurs dire « elle l’a descendu ». Dès qu’il y a un COD, c’est avoir qui s’impose.

Existe-t-il une règle écrite qui garantit cet usage double dans les dictionnaires ?

Oui, l’Académie française et les grands dictionnaires grammaticaux reconnaissent ces deux emplois. Le verbe descendre est classé comme double transitif : intransitif avec être pour le mouvement, transitif avec avoir lorsqu’il y a complément. Cette distinction est bien ancrée dans la norme écrite.

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